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«Victorinox, ma troisième main»

Une nuit de 30 décembre. Il est tard et il pleut sur cette petite route de la région parisienne, mille fois empruntée. La semaine a été particulièrement chargée. La fatigue de ce vendredi soir, le va-et-vient des essuie glaces et l’assurance tranquille de rentrer chez soi émoussent l’attention... Un mauvais virage et soudain, en un éclair, la frayeur puis le choc. La voiture vient de
faire une embardée dans le fossé.

Pascal de Souza, directeur technique dans un bureau d’études spécialisé en stationnements urbains, raconte :

«Après quelques secondes, j’ai repris mes esprits. J’étais à la verticale, coincé contre le volant, prisonnier de ma ceinture de sécurité qui ne voulait pas s’ouvrir. Ma voiture avait piqué du nez dans un fossé servant à drainer les eaux de pluies. L’eau me glaçait jusqu’à la taille et risquait encore de monter. Au-dessus de moi, les faisceaux des phares des voitures balayaient le virage sans jamais m’aperçevoir... Je ne pouvais compter que sur moi-même et heureusement sur mon ‹Victorinox›. Il ne me quitte jamais, dans son étui de cuir, attaché à ma ceinture. C’est un compagnon fidèle. Sans difficulté, j’ai coupé ma ceinture de sécurité puis, péniblement, j’ai réussi à m’extraire de la voiture.

Sans mon ‹Victorinox›, je serais certainement resté coincé toute la nuit au fond du fossé. «Et avec ces eaux glacées, j’aurais pu redouter le pire...»

L’aventure de Pascal de Souza est exemplaire et montre bien combien la vie ne tient parfois qu’à un fil, le fil d’une lame de couteau suisse, minutieusement aiguisée. Pascal de Souza dit volontiers que ce couteau est sa «troisième main». C’est vrai qu’il fait partie de sa vie depuis plus de 25 ans. Il l’accompagne durant son travail mais aussi pendant ses loisirs.

Objet pratique du quotidien, le ‹Victorinox› devient aussi, dans la main de Pascal de Souza, l’outil du maître : c’est avec lui qu’il sculpte de superbes cannes qu’il collectionne ou qu’il offre à ses amis : «Je choisis des bois dont les formes évoquent tel ou tel animal. Avec mes lames, je les souligne et les intensifie. Il me faut entre 10 et 60 heures de travail selon la complexité du pommeau. Je préfère les bois durs, les bois denses et chauds comme le buis, l’olivier et la bruyère...». Des qualités de bois à l’image de ses mains, solides et franches. Les mains d’un champion de Tae Kwon Do, l’un des arts martiaux qui privilégient la défense à l’attaque :

«Je prépare ma ceinture noire. J’aime ce sport car il n’est ni agressif, ni violent et il répond à toutes sortes de situations. Il est à l’image de mon ‹Victorinox›. Un outil utile !».


Deux enfants sauvés de la noyade grâce au couteau de poche

Chris Jamieson de Urenui (Nouvelle-Zélande) montre le couteau d’officier avec lequel il a sauvé la vie de deux enfants fin avril 1997.

Jamieson aperçut avec effroi une fourgonnette quitter la route et plonger dans la rivière Awakino. Il eut la présence d’esprit de sauter à l’eau pour sauver cette famille de cinq personnes. Deux enfants attachés par leur ceinture de sécurité sur la banquette arrière ne purent être libérés qu’à l’aide du couteau d’officier suisse. L’étudiant Jamieson a été accueilli en héros par la police new-zélandaise ; mais la vraie «Star» de ce sauvetage s’est révélé être le couteau de poche suisse fabriqué par Victorinox.

Le couteau de poche utilisé comme scalpel

Lors d’un vol à destination de Bangalore en Inde, un enfant à failli mourir étranglé par un bonbon coincé dans sa gorge. L’enfant a pu être sauvé grâce à la présence d’esprit d’un médecin et au couteau de poche Victorinox. Une situation similaire s’est produite sur une rue de Dublin. Dans ces deux cas, le couteau originaire d’Ibach a joué un rôle décisif.

En janvier 1976, les passagers d’un vol intérieur ont vécu les moments d’angoisse d’une jeune mère, criant désespérément au secours car son enfant risquait de mourir asphyxié après avoir avalé un bonbon de travers. On essaya d’abord de le sauver à l’aide d’une bouteille d’oxygène, sans succès. Par chance, un médecin se trouvait à bord. Il décida de faire une intervention d’urgence, car l’enfant se trouvait dans une situation extrêmement critique. Il n’y avait cependant pas de scalpel dans la boîte médicale de bord. Affolée, l’hôtesse de l’air demanda alors un couteau de poche par haut-parleur. Un passager passa alors au médecin un couteau d’officier suisse neuf, propre et tranchant. Le médecin effectua rapidement une trachéotomie et l’enfant survécut grâce à cette action énergique. Un peu plus tard, après l’atterrissage à Bangalore, l’enfant fut transporté à l’hôpital. A la suite de l’intervention, il n’y eut même pas d’infection à signaler.


Opération en pleine rue

Ce jour de juin 1990, la vie d’un garçon de neuf ans ne tint plus qu’à un fil.

Philip Byrne passait ses vacances chez une tante à Dublin, en Irlande. Alors qu’il se rendait à vélo à la fête de Carnaval, il fut renversé par une voiture et resta au sol grièvement blessé. Il risquait de mourir de blessures internes. Par chanche, une des voitures suivantes était occupée par un groupe de chirurgiens. Ces derniers opérèrent le jeune homme sur place avec un couteau de poche suisse et procédèrent à la mise en place d’un drain pour le sang.

Philip Byrne doit la vie à ces médecins et au couteau Victorinox.

Himalaya – présent sur les plus hauts sommets

Le couteau suisse accompagne toujours les expéditions sur les plus hauts sommets, comme sur le Mont Everest de 8848 et l’Annapurna en Asie centrale. En 1970, l’Anglais Chris Bonington dirigeait l’expédition dans la face sud de l’Annapurna. Ce géant des cimes est le moins élevé des 14 «Huit mille» et se trouve, comme l’Everest, dans la chaîne de l’Himalaya à la frontière entre le Népal et le Tibet. Une fois l’expédition menée à bien, le chef d’équipe Bonington remercia par lettre la coutellerie Elsener de son soutien et relata l’histoire suivante :

«Votre aide nous a permis d’escalader la paroi la plus haute et la plus raide du massif de l’Himalaya. Ce fut l’expédition de montagne la plus difficile à laquelle j’ai eu l’occasion de prendre part au cours de mon existence, les participants et, par la même occasion, votre équipement ont dû faire leurs preuves dans les conditions les plus extrêmes. Les couteaux de poche suisses nous ont rendu d’éminents services au cours de l’expédition grâce à leurs multiples possibilités d’utilisation, par exemple pour couper les ongles des mains et des pieds à haute altitude ou limer une clé à vis à la largeur exacte pour pouvoir réparer une bonbonne à oxygène présentant des fuites.

Il a résisté aux coups de marteaux

Durant notre aventure, je crois qu'à part l’écailleur à poissons, nous avons utilisé chacune des lames du couteau ("il est vrai que la paroi sud de l'Annapurna ne regorge certes pas de poissons"). Les couteaux ont même parfaitement résisté aux rudes coups de marteaux et, en dépit de cela, les lames sont restées tranchantes. Les couteaux de cuisine et de boucher ont été mis à très forte contribution au camp de base. En définitive, ils ont dû découper quantité de gigots de mouton et je peux vous garantir que les chèvres et les boeufs du Népal comptent parmi les plus coriaces au monde.

Au terme de notre expédition, les couteaux de cuisine ont fait la joie de nos sherpas et je ne suis pas loin de penser qu’ils étaient aussi tranchants qu’au début de notre aventure. Sans votre générosité et celle d’autres entreprises, il ne nous aurait pas été possible de réaliser cette expédition dans la face sud de l’Annapurna. Encore une fois, un grand merci pour votre aide.»

Dans une autre lettre, Chris Bonington exprime ses remerciements pour le soutien accordé à l’expédition britannique à l’Everest de 1975, au cours de laquelle l’ascension se fit par l’arête sud-ouest: «J’aimerais une fois encore vous remercier personnellement pour toute l’aide que vous m’avez accor dée tout au long de ces années. Comme d’habitude, les couteaux suisses se sont comportés de manière exceptionnelle. En réalité, Doug Scott et Dougal Hanston ont atteint le sommet grâce à l’un de vos couteaux. Celui-ci a permis à Doug de dégager le système d’inhalation d’oxygène de Dougal qui était obstrué par de la glace. La seule chose que je regrette, c’est d’avoir perdu mon propre couteau multifonctions alors que je m’étais éloigné du camp pour une heure. Je soupçonne l’un des sherpas de l’avoir échangé contre un modèle moins sophistiqué…»

Le Suisse romand Jean Troillet en 2002 sur le Nanga Parbat dans l’Himalaya. Lui aussi fait confiance depuis de nombreuses années à son fidèle compagnon signé Victorinox.


Réparation d’un moteur de Jeep dans une contrée sauvage

Depuis 25 ans, le Norvégien Tore Lund Bache parcourt le monde armé de son couteau Victorinox (dans la poche gauche de son pantalon). Ce couteau est un cadeau que lui fit son entreprise OSO en 1968. Le 3 juillet 1992, il écrivit à Victorinox à Ibach pour relater l’histoire d’une excursion dont il s’était sorti sans trop de mal grâce au couteau Victorinox :

«Ce couteau a été mon compagnon pendant 25 ans et m’a accompagné dans le monde entier. Il a toujours eu sa place dans la poche gauche de mes pantalons, même en smoking, constamment prêt à entrer en action. Le sigle de l’entreprise, OSO, est presque effacé. Il y a bien des anecdotes qui gravitent autour de ce couteau. Pour mes amis, il est devenu une légende. Ceux-ci me demandent toujours : as-tu encore ton couteau ‹OSO› ? C’est la raison pour laquelle j’aimerais vous conter une anecdote parmi d’autres.

En 1969, j’achetai une vieille Jeep Willys, modèle de la seconde guerre mondiale. C’était un superbe véhicule de collection, dont toutes les pièces étaient réparables (pas comme sur les véhicules actuels, où l’on ne peut que remplacer les pièces défectueuses). Je m'embarquai immédiatement pour une virée dans une contrée sauvage en vue de tester les possibilités de la traction à quatre roues motrices. Cette course d’essai me conduisit à quelques kilomètres de distance sur une parcelle boisée marécageuse où semble-t-il aucun véchicule ne s'était jamais aventuré. C’est alors que mon moteur rendit l’âme.

Le problème résidait dans le fait que celui-ci n’était plus alimenté en essence. Quelque chose ne fonctionnait pas au niveau de la pompe à essence. Un rapide coup d’oeil dans mon véhicule m’indiqua que je n’avais aucun outil avec moi. Tout ce que je possédais consistait en un peu de monnaie, un stylo à bille et mon couteau Victorinox. A l’aide du couteau, je parvins à dégager la pompe à essence et à l’ouvrir. Bien qu’il n’y eut pas de vis, je pus utiliser le décapsuleur, il s’adaptait parfaitement à la fermeture. Dans la pompe à essence, le ressort de soupape était cassé.

Je pris alors mon couteau et réussis à fabriquer une pièce de rechange avec le ressort du stylo à bille. Après avoir remonté la pompe, je retournai à la maison. Cette fois-là, le couteau ne m’avait pas directement sauvé la vie ; je fus cependant en mesure de réparer ma voiture grâce à lui. Cela m’évita une marche à pied de plusieurs kilomètres et probablement aussi l'effort de trouver un camion en mesure de remorquer ma Jeep jusqu’à la maison.

Aujourd'hui, après 25 ans de bons et loyaux services, mon couteau part définitivement à la retraite. Les fermetures à déclic des lames sont fatiguées et les outils usés. C’est la raison pour laquelle j’ai estimé opportun d’acheter un couteau de poche neuf. Sans aucun doute, cela ne pouvait être qu’un Victorinox. Il a du reste la même forme, mais les modèles actuels semblent légèrement plus longs et plus épais et peut-être un peu plus solides… En tout état de cause, je suis satisfait de la qualité du nouveau modèle. Ma question : est-il possible de se procurer l’ancien modèle? Il est un peu plus mince et plus court et semble, pour cette raison, mieux se lover dans la poche de mon pantalon. De toute façon, je vous envoie mon ancien modèle. Comme vous pouvez le constater, mis à part les défauts mentionnés ci-dessus et les traces de 25 années de bons et loyaux services, le couteau se trouve encore dans un très bon état. Je vous félicite de l’excellente qualité de vos couteaux. Ils font de très beaux cadeaux et c’est un plaisir de les utiliser – en toutes circonstances. Mais naturellement, mon épouse apprécie guère que je l'utilise pour prendre soin de mes ongles pendant que l'on assiste à une représentation à l’opéra.»

Sauvé de la nuit, de la neige et du froid

José Louis Botti, étudiant en anthropologie de Buenos Aires, Argentine, dépeint dans sa lettre du 11 septembre 1975 la façon dont il a survécu à une situation particulièrement dangereuse. A cette occasion, le couteau suisse de l’entreprise Victorinox lui a rendu de fiers services et lui a peut-être même sauvé la vie. Cet exemple démontre également combien le possesseur d’un couteau de poche Victorinox tient à cet outil utile et pratique et désire à tout prix pouvoir le faire réparer.

«Je suis étudiant en anthropologie et spécialisé en archéologie. J’avais encore deux projets en cours avant de terminer mes études. A ce moment-là, j’avais la charge d’un projet en qualité d’assistant et je travaillais conjointement pour une compagnie pétrolière.» Comme vous vous en doutez, ma vie s'organise souvent dans des régions peu développées. La plupart du temps, je me trouve seul dans la nature. Je suis souvent confronté à des problèmes auxquels il serait facile de trouver des solutions pour peu que l’on ait le bon outil à portée de main, mais cela n’arrive malheureusement jamais.

Sur une route isolée

De toute façon, depuis quelques années, ce n’est plus mon problème car un couteau de poche Victorinox m'accompagne tous les jours. Je l’ai constamment à portée de main, chaque fois que j’en ai besoin et cela arrive souvent : il entre en action là où d’autres couteaux de poche auraient échoué depuis longtemps. Inutile de dire qu’il a toujours accompli sa mission de manière exemplaire.

Mais tout a des limites. Je me trouvais une fois sur une route déserte, sans nourriture et la nuit tombait. Ma voiture était restée bloquée dans la neige et je courais le risque de geler à cause de la température hivernale. Grâce à mon couteau de poche, je pus scier une branche d’environ 15 cm de diamètre pour l’utiliser comme levier. Alors que j’avais presque fini de scier l’épaisse branche, la lame se cassa sous l'effet de la contrainte. Grâce à l’entaille déjà profonde dans le bois, je parvins malgré tout à mes fins et, en faisant usage de la loi physique du levier, à dégager le véhicule des congères et à poursuivre ma route.»

Un aérostier atteint une altitude qui constitue un record du monde

De nombreuses aventures auxquelles a participé le couteau de poche Victorinox ont un lien direct avec des véhicules : une fois c’est un ballon à air chaud, une autre fois un VTT. Ici, les deux histoires qui, sans couteau de poche, se seraient terminées tout autrement ou, selon les cas, auraient même mal tourné.

Dans le célèbre «Times» de Londres du 7 juin 1988, paraissait un article consacré à un nouveau record du monde d’altitude pour ballon à air chaud. Le départ avait presque échoué et ne réussit que grâce à un couteau d’officier suisse avec lequel le pilote du ballon put détacher deux sacs de sable, à la suite de quoi l’aérostat s’éleva dans les airs. Cette histoire authentique fut communiquée à Victorinox AG, Ibach, de manière très officielle, par l’ambassade de Suisse à Londres. «Lindstrand est Suédois de naissance, domicilié cependant en Grande-Bretagne. L’année dernière, il fut l’un des premiers pilotes, en compagnie de Richard Branson, le roi de l’industrie, à franchir l’Atlantique en ballon. Hier, il a battu le record du monde d’altitude au premier essai, il y eut simplement quelques décollages interrompus. De plus, du fait de forts vents, Lindstrand dut attendre plus d’une semaine pour décoller dans de bonnes conditions.

Deux sacs oubliés

Mais hier matin à 5.42 heures, il décolla à 27 miles au nord de Laredo dans une capsule d’aluminium sous pression. Les conditions atmosphériques étaient idéales : ciel bleu avec un vent léger. Le moment le plus délicat fut l’envol car, par mégarde, Lindstrand avait oublié de détacher deux sacs de sable de 100 livres. C’est pourquoi il dut sortir et se glisser sous la cabine pour couper les sacs avec un couteau d’officier suisse.» Le ballon avec les deux adeptes de l’aventure s’éleva ensuite à l’altitude 11 miles (17 700 mètres). Le couteau de poche Victorinox a donc bien contribué à l’établissement d’un record du monde d’altitude.

Il a survécu après avoir séjourné quatre ans dans un bassin de décantation

Dans une lettre du 23 septembre 1991, Gilbert V. Levin narre une histoire presque incroyable. Cette fois, il ne s’agit pas de savoir si le couteau suisse a sauvé la vie de quelqu’un ou si, dans une situation sans issue, il a joué le rôle d’outil à tout faire ; dans le cas présent, la petite merveille rouge en question a «survécu» quatre ans, presque sans dommage, au fond d’un bassin d'épuration. Gilbert V. Levin a écrit à Victorinox à Ibach : «J’ai installé en 1973 ma nouvelle invention, il s’agissait d’un système d'épuration d’eaux usées, à Senecca Falls, New York. Un matin, alors que je passais sur le pont surplombant le bassin d’aérage de la station d’épuration, je constatais qu’un instrument n’était pas réglé de manière orthodoxe. Je sortis immédiatement mon couteau d’armée suisse, sur lequel je peux toujours compter, pour exécuter le travail nécessaire. Le couteau me glissa de la main et tomba dans le bassin d’aérage. La fonction du bassin d’aérage d’une station d’épuration est d’oxyder les résidus organiques. Cet environnement oxydant attaque vigoureusement les métaux.

Un paquet de la poste

Quatre ans plus tard, je reçus un petit paquet par la poste avec une note d’Al Hawk, inspecteur général de la station de Senecca Falls. En 1977, il avait vidé le bassin d’aérage et tout au fond du tank était apparu mon couteau d’armée suisse. Mon couteau se trouvait effectivement dans le paquet. Je l’examinai et fus surpris de l’excellent état dans lequel il se trouvait. Le seul dommage majeur était l’absence du ressort des ciseaux qui s’était dissout. Il y avait aussi un peu de rouille sur les platines en aluminium qui séparaient les lames. Les côtes en matière plastique n’avaient que peu souffert, en réalité juste là où se trouvent le cure-dents et les pincettes. Il y a longtemps que je désirais renvoyer ce couteau à l’entreprise qui fabrique des couteaux aussi résistants avec mes compliments. J’ai rangé le couteau et ne l’ai plus jamais utilisé depuis. Vous le trouverez en annexe comme témoignage de cet incident à peine croyable. Je puis vous assurer que très peu de produits seraient en mesure de survivre à un tel traitement et que tous leurs éléments se seraient décomposés ou auraient tout simplement disparu.

En réalité, il y a longtemps que je voulais vous narrer cette histoire, mais je n’en ai jamais eu le temps. C’est un article analogue paru dans le Wall Street Journal qui m’a incité à le faire.»

Panne lors d’une sortie en VTT

L’histoire suivante, qui s’est déroulée en Colombie Britannique, au Canada, démontre combien un couteau d’officier suisse peut se révéler utile lors d’une sortie à vélo.

«Erich Hensch était en route, avec quatre amis, pour une excursion d’une trentaine de kilomètres en VTT dans la forêt vierge canadienne. Au bout de dix kilomètres environ, la chaîne de vélo d’un participant se brisa. Comme il n’y avait pas d’outils utilisables disponibles, la réparation fut exécutée avec un couteau de poche suisse. Se servant d'une grosse pierre en granit comme marteau, les mécaniciens à vélo frappèrent sur le couteau de sorte que la pièce défectueuse put être chassée hors de la chaîne avec le poinçon alésoir. La nouvelle pièce fut montée, l’excursion à vélo se poursuivit sans encombre. Tous les participants furent unanimes, sans le couteau de poche l’excursion aurait dû être interrompue.»

Le plus surprenant cependant, ainsi que le relata Erich Hensch à la coutellerie d’Ibach, c’est qu’à part quelques égratignures, le couteau était en parfait état de fonctionnement, et ce malgré le mauvais traitement infligé par la pierre en granit.

«Maintenant, tous mes amis ont envie de posséder un tel couteau», écrivit l’expéditeur à Ibach, avec une commande en annexe.

Un couteau comme instrument de mise bas

Lors d’une longue sortie à vélo autour du lac de Constance, un opticien allemand fit l’acquisition d’un couteau Victorinox tout à fait particulier, un couteau de survie. Ce couteau est équipé de nombreux outils et fonctions et peut être porté à la ceinture dans un étui en cuir. Ses connaissances et ses proches commencèrent par se moquer de lui. Finalement, au terme d'une aventure passionnante, il fut gagnant sur toute la ligne. Son beau-frère communiqua l’histoire suivante à Ibach :

«Cette histoire singulière impliquant le couteau suisse s’est déroulée à l’occasion d’une longue sortie à vélo en famille. Au début de l’excursion, mon beau-frère acheta un modèle particulièrement bizarre de votre couteau. Il s’agissait d’un couteau de survie équipé de nombreux outils et fonctions et que l’on peut porterà la ceinture dans un étui en cuir ou dans la poche du pantalon. Après nous être moqués quelque peu de mon beau-frère à cause de ses penchants ludiques, l’achat tomba rapidement dans l’oubli. Cela changea toutefois lorsque nous fîmes halte sur l’île de Mainau. Lors d’une longue promenade, en plein été, nous assistâmes de manière tout à fait fortuite, à la naissance d’un poulain dans une prairie, ce qui pour nous, gens de la ville, est un évènement inhabituel. Nous remarquâmes que la mère ne se souciait absolument pas de sa progéniture juste après la naissance et que le poulain était incapable de se dresser sur ses pattes parce qu’il était encore relié au placenta.

Les nombreux spectateurs étaient perplexes. Le gardien accouru ne savait que faire car l’équipement idoine pour aider à la mise bas faisait défaut. Ce fut l'heure de gloire de mon beau-frère, qui entra alors en scène avec son couteau de survie. Avec la rapidité de l’éclair, il fit apparaître une ficelle de nylon et le couteau suisse miracle, puis se mit au travail avec le gardien. Ce dernier attacha le placenta avec la ficelle de nylon et d’un rapide coup de couteau le détacha sans coup férir.

Les spectateurs étaient enthousiasmés. Le poulain se dressa sur ses pattes et se mit à trotter vers sa mère, même si sa démarche était encore quelque peu vacillante. En résumant les événements auxquels nous avions assisté, on peut encore ajouter qu’aucun de nos compagnons de voyage ne s’est plus permis de sourire des prédispositions de scout et des instincts ludiques de mon beau-frère, lequel était en train de nettoyer son couteau avant de le ranger.»

Chirurgie au couteau en Ouganda

Le légendaire Swiss Army Knife satisfait aux exigences de qualité les plus élevées, même sur le plan médical. Un cas d’école qui s’est déroulé en Afrique noire le démontre d’une manière très spectaculaire. Datée du 18 septembre 1991, une lettre du Professeur John Ross, un médecin canadien qui s’occupait du perfectionnement de médecins indigènes dans une région campagnarde en Ouganda, est parvenue à la coutellerie Elsener. Peu après son arrivée, on lui avait volé sa scie de chirurgie. Il ne lui restait que le couteau d’armée suisse pour procéder à des amputations de bras et de jambes. Ici, la lettre du chirurgien in extenso :

«J’ai commencé à travailler ici il y a deux ans. Je consacre une partie de mon temps à la construction d’un hôpital dans une petite localité du nom de Torono. Elle se trouve à proximité de la frontière kenyane, à environ 300 km de Kampala, la capitale de l’Ouganda. Pour exercer mon art, j’avais apporté avec moi un bon équipement d’instruments chirurgicaux, parmi ces derniers une excellente scie de chirurgie pour procéder aux amputations. Ici, on a besoin d’un tel instrument car il y a beaucoup de blessures telles que des plaies dues à des coups de feu, blessures qui se terminent par l’amputation d’un bras ou d’une jambe. Peu après mon arrivée, ma scie de chirurgie m’a été volée. J’ai donc mis à bouillir le couteau d’armée suisse que j’ai toujours avec moi pour le stériliser. J’ai décidé d’utiliser à l’avenir la scie du couteau pour remplacer la scie d’amputation. Cela fonctionna très bien. Cela dura en réalité six mois, jusqu’à ce que je reçoive une nouvelle scie de chirurgie. Durant cette période, j’ai procédé au moins à six amputations avec cette scie de couteau. A cause des désinfections répétées à l’eau bouillante, le couteau a perdu ses belles côtes en matière plastique, mais à part cela l’instrument fonctionne à la perfection. J’ai pensé que cette information pourrait vous intéresser, peut-être à des fins publicitaires. Vous pouvez parler d’une utilisation des plus pratiques, en effet l’acier que vous employez semble être d’une qualité exceptionnelle.»

En vol dans la navette spatiale

Le Swiss Army Knife n’est pas seulement à l’origine d’aventures fantastiques sur terre, il participe régulièrement à la conquête spatiale : il fait partie de l’équipement de base des astronautes américains. Dans la narration suivante, le frère d’un astronaute, dans une lettre du 27 septembre 1985, prie le fabricant Victorinox de lui faire parvenir un couteau suisse. Dans une seconde lettre, il le remercie de la très «agréable surprise».

«Permettez-moi de me présenter rapidement. Je suis Edward M. Payton de Rock Island, Illinois/USA. Mon frère est astronaute et se trouvait au mois de janvier dernier à bord de la navette spatiale ‹Discovery›. Il avait également avec lui votre couteau de poche : mon frère a volé avec un couteau Swiss Army MasterCraftsman qui faisait partie de son équipement. Lui-même et les autres astronautes ont tous reçu un tel couteau pour pouvoir l’utiliser lors de leur mission. Mon frère a effectivement utilisé ce couteau lors de son vol spatial pour effectuer quelques travaux. Il n’a pas tari d’éloges sur ce couteau MasterCraftsman parce qu’il fonctionne parfaitement dans les conditions les plus difficiles – apesanteur – durant un vol spatial.

Lors d’une récente visite de mon frère, au cours d’un congé de la NASA, j’ai constaté qu’il utilisait aussi son couteau sur la terre ferme, presque tous les jours. J’ai été très impressionné par ce couteau et ai frénétiquement cherché à en trouver un identique. Mais comme je suis domicilié dans une petite localité dans le Middle West, je n’ai aucune possibilité de me le procurer dans un magasin spécialisé. Je ne crois pas que ce couteau puisse être trouvé dans le coin. C’est la raison pour laquelle je prends la liberté de m’adresser personnellement à vous afin de vous demander si je pourrais acheter un tel couteau chez vous, le même que mon frère a utilisé dans la navette spatiale. Pourriez-vous m'adresser directement par la poste un tel couteau ? Si c’est possible, veuillez m'indiquer la démarche à suivre. Un grand merci pour vos efforts et je me réjouis d’avoir bientôt de vos nouvelles.»

Un cadeau d’Ibach

Peu de temps après, Edward M. Payton a reçu un envoi postal d’Ibach, un petit paquet avec le couteau désiré. Et par retour du courrier, Payton a remercié pour l’envoi : «Votre merveilleux couteau m’est bien parvenu par la poste. Ce fut pour moi une surprise des plus agréables. Je n’aurais jamais osé rêver que vous me feriez cadeau d’un tel couteau. Je vous assure que je vais en informer mon frère et je suis certain qu’il transmettra cette information à la NASA. Vous êtes très généreux. Un grand merci. Edward M. Payton.»

Une équipe de télévision française a obtenu

le témoignage suivant de l’astronaute de la NASA Chris Hadfield: «J’étais à bord de la navette Atlantis. Nous avions pour mission de nous arrimer à la station spatiale russe. Ma tâche était d’ouvrir le sas de la navette afin de pouvoir accéder à la station spatiale. Il s’agissait de dévisser plusieurs petites vis, de couper un câble et de réinstaller la caméra. Et tant d’autres petites choses. Les seuls outils à ma disposition étaient trois petites clés que les Russes m’avaient fournies. Bien qu'ayant pu desserrer quelques vis, je ne réussis pas à exécuter tout ce que j’avais à faire. Je me préparais déjà à retourner vers le deck central pour y chercher ma grosse trousse d’outils, quand je me dis : pourquoi n’utiliserais-tu pas ton couteau ? Grâce à mon couteau d’officier suisse, j’ai pu ouvrir ce sas.»

Ils ont résisté aux effets de l’eau de mer

Vos couteaux d’officier suisse ont magnifiquement surmonté l’épreuve. En très peu de temps, vos couteaux sont devenus des outils indispensables pour toute une série de tâches et dans des cas d’urgence. Frank Goodman a été vivement attristé par la perte du sien sur l’île du cap Horn. Je portais le mien dans une poche de gilet, ce qui explique qu'il se trouvait souvent en contact avec l’eau de mer. Malgré tout, il fonctionne encore de manière impeccable. De nombreux couteaux, que l’on vante comme étant inoxydables, rouillent tout de même lors d'épreuves décisives, mais pas le couteau Victorinox. Ceux que nous avions étaient manifestement authentiques. «J’aimerais, à cette occasion, vous remercier de votre générosité. Sans votre aide et celle d’autres, cette aventure aurait été impossible. Notre succès est le vôtre.»

En kayak au cap Horn

Les outils et les appareils emportés lors d’expéditions aventureuses et souvent risquées doivent faire leurs preuves dans n’importe quelle situation. Tout dépend souvent d’eux. Ce type d'entreprise ne comprend pas seulement les expéditions à grandes altitudes, dans les profondeurs de la forêt vierge, dans les espaces interstellaires lointains ou dans les déserts arides, mais également celles qui se déroulent dans l’immensité et l’implacabilité des océans. C’est justement là où l’eau salée attaque rapidement l’acier et le corrode que les outils doivent faire leurs preuves. Un groupe britannique qui a franchi le cap Horn en kayak en a donné la preuve.

Dans une lettre du 22 janvier 1978, Barry J.N. Smith, un britannique passionné d’aventures, fit part à Victorinox AG de sa satisfaction et de sa joie. Son expédition en kayaks autour du cap Horn a remporté un grand succès auquel les couteaux de poche ont pris part. Smith écrivit textuellement :

«Nous avons quitté Puerto Williams le 11 décembre 1977 et avons franchi le cap Horn onze jours plus tard. Comme vous pouvez vous l’imaginer, nous nous sommes trouvés dans de nombreuses situations aventureuses en pagayant à travers le groupe des Wollaston. Nous avons découvert une faune et une flore abondantes et notre équipement a été testé dans un environnement unique. Je suis heureux de vous faire parvenir un rapport d’expédition et des diapositives qui mettent en évidence votre couteau en pleine action.»

Avec une expédition au Pôle Nord

A part les expéditions audacieuses à haute altitude, dans des montagnes escarpées et dans des contrées sauvages, les incursions dans les déserts glacés des pôles font partie des plus grands défis de l’être humain. Mais toujours présent dans ces cas-là : le Swiss Army Knife d’Ibach.

Présent, il le fut également lors d’une rude expédition au Pôle Nord durant l’hiver 1976/77. Au printemps de l’année 1978, Charles Burton fait le récit de cette expédition britannique au Pôle Nord. Au cours de l’hiver 1976/77, dans la nuit profonde de l’arctique, son équipe était en route en direction du point le plus septentrional du globe. Ils furent toutefois obligés de mettre un terme à leur projet peu de temps avant d’atteindre leur but, en raison des intempéries, non sans que quelques événements héroïques, lors desquels le Swiss Army Knife joua un rôle essentiel, n’intervinrent. Burton fit le rapport suivant à Ibach :

«En juillet 1977, après six mois passés dans l’arctique, nous sommes retournés en Angleterre. L’équipe d’explorateurs des glaces avait passé 90 jours sur la banquise par des températures de moins 50 degrés Celsius. C’était les températures les plus basses mesurées dans l’arctique depuis 46 ans. Le 15 mai, alors que nous avions déjà parcouru 890 miles (1432 km) sur la glace et que nous n’étions plus qu’à dix jours du Pôle Nord, nous avons dû être évacués. Une dislocation des glaces aussi précoce dans l'année ne s’était encore jamais produite et nous a contraints au retour. Nous fûmes malgré tout l’expédition qui, cette année-là, s’était avancée le plus au nord. Les couteaux de l’armée suisse que vous aviez mis à notre disposition on été pour toute l’équipe des explorateurs des glaces et pour le camp de base d’une aide inestimable. Ils ont entre autres été utilisés pour dégivrer les patins des traîneaux et pour ouvrir les boîtes de conserves.

Lorsqu'un des membres de l’expédition passa à travers la glace, nous avons réussi à découper ses habits au couteau et à le libérer ainsi de ses vêtements mouillés qui avaient instantanément gelé. Lorsqu’il passa à travers la glace, les températures étaient de l’ordre de moins 37 degrés Celsius, il fallut donc le transporter rapidement dans une tente pour le sécher. Sans cette intervention rapide, rendue possible grâce à votre couteau, l’homme aurait été en grave danger».

Action de secours dans l’espace

En mai 1991, la navette spatiale «Discovery» prit son envol pour une nouvelle mission dans l’espace. Comme toujours, chacun des astronautes avait également dans son équipement personnel un couteau de poche Victorinox. Lors de cette mission dans l’espace, une expérience coûteuse aurait même mal tourné si la petite merveille rouge n’avait pas contribué à sortir tout le monde du pétrin. Cette histoire extraordinaire a même été relatée en détail dans «le Figaro», le quotidien français de renommée mondiale.

Lors de cette mission de la navette spatiale, on constata qu’un appareil enregistreur ne fonctionnait pas correctement. Cet appareil avait pour mission d’enregistrer les données de deux télescopes qui étaient en fonction dans le cadre d’expériences scientifiques. Au sixième jour de la mission qui en comptait neuf, la station terrestre à Houston/Texas avait trouvé une solution au problème. De nouveaux câbles devaient être connectés à un ordinateur compliqué. Pour dénuder délicatement ces câbles, l’astronaute utilisa un couteau d’officier Victorinox. L’ordinateur fut recâblé avec succès et les données importantes purent être sauvées.

Des couteaux tout à fait ordinaires

Ainsi que le porte-parole de la mission James Hartsfield le déclara, le couteau d’officier Victorinox fait partie de l’équipement standard de chaque astronaute. «Nous remettons un couteau d’officier suisse à chaque astronaute et ils l’emportent avec eux à bord. Dès le début, il a fait partie de chaque mission.» Victorinox ne fabrique pas de couteaux spéciaux pour les astronautes. Ils sont identiques aux couteaux de poche tout à fait normaux en vente dans le commerce. Pour l’exprimer selon les termes d’Hartsfield : «Le couteau a bien rempli sa mission.»

Appareils réparés dans le Spacelab

Avec l’Allemand Ulf Merbold, ce fut la première fois, en 1983, qu’un cosmonaute d’origine non américaine s’élança dans l’espace à bord de la navette spatiale. Un coup de chance pour la Nasa, car Merbold sauva plusieurs expériences valant des millions à bord de la navette spatiale grâce à son couteau de poche Victorinox et fut de ce fait fêté comme un héros dans la presse allemande, ainsi que le relate un article de la «Neue Revue»:

«Gardons les pieds sur terre. On peut bien ressentir un peu de fierté pour notre compatriote dans l’espace. Ulf Merbold, âgé de 42 ans, père de deux enfants, a réalisé un petit miracle. Au cour du vol de dix jours de la navette spatiale US «Columbia», il a sauvé toute une série d’expériences importantes valant plusieurs millions de marks en utilisant uniquement son couteau de poche suisse et en faisant appel à la minutie allemande innée.

Comment Merbold a-t-il pu participer à son vol dans l’espace ? C’est pour ainsi dire à titre de réciprocité pour le compte du laboratoire spatial Space-Lab financé par les Européens à hauteur de deux milliards de marks et construit à Brême que le physicien de Stuttgart se vit garantir, à l’époque, un vol dans l’espace. En compagnie d’un second spécialiste en arrimage, il dut effectuer 72 expériences dans le laboratoire – à 250 kilomètres d’altitude et à la vitesse de huit kilomètres par seconde.

Mauvaise clé à vis

Dès les premiers jours, on remarqua que le laboratoire coûteux avait ses défauts, comme cela peut arriver avec un logement. Il y avait des pannes. C’est alors que sonna l’heure d’Ulf Merbold. Dès qu’il voulut ouvrir le premier appareil, il s’avéra que l’on avait remis une mauvaise clé à vis à l’astronaute qui avait été envoyé dans l’espace. Merbold réussit à s’en sortir avec son couteau de poche provenant de Suisse. Peu après, le four à miroir dans lequel, au cours d’une expérience en apesanteur, des alliages de métaux devaient être fabriqués à 1600 degrés dans l’espace, tomba en panne. Le couteau de Merbold disposait également d’un tournevis à cet effet. Et finalement, il répara encore les fiches électriques mal raccordées au sol. Les Etats-Unis, toujours en prise directe par télévision satellite, étaient enthousiasmés : un véritable bricoleur de l’espace.

Compliments du commandant

Même le commandant de la navette spatiale Columbia, tout d’abord un peu froid, le vétéran de l’alunissage John Young, fut fasciné par son passager. ‹Le gars là-derrière›, dit-il à la station de contrôle, ‹a réellement turbiné et il n’a pas même un bon siège près de la fenêtre.› Effectivement, avec Merbold (et grâce à Victorinox), l’Europe s’est mise au niveau de l’astronautique.»

Dégagé d’un ascenseur en feu grâce à un couteau

Une anecdote à couper le souffle mettant en exergue le couteau de poche Victorinox en tant qu’«acteur principal» nous vient de l’Oregon. Un homme qui était resté bloqué dans un ascenseur a réussi à se libérer de façon spectaculaire de sa prison de fumée grâce à un Swiss Army Knife. Il en résulta un véritable boom sur les ventes de couteaux Victorinox dans toute la ville. La personne impliquée retraça l'intégralité des événements dans une lettre détaillée adressée à Victorinox. Et, hasard étonnant, la personne sauvée s’appelait MacIver.

«Je suis un ingénieur de 31 ans, domicilié à Portland, Oregon/USA et j’ai une anecdote plus que palpitante à raconter. Les acteurs principaux sont moi-même et un Victorinox SwissChamp. Le but de cette lettre n'est pas d'acquérir la célébrité et les honneurs, mais plutôt de faire plaisir à mes amis et ma famille, lesquels me pressaient instamment de vous écrire.

Vin, bière, argent et art

Depuis de nombreuses années déjà, j’ai avec moi un couteau Victorinox modèle ‹Champ›. Il a déjà fait ses preuves dans d’innombrables situations, mais jamais encore dans des circonstances similaires à la soirée du 3 décembre 1992. Ce jour-là, mon épouse Morgan prenait part à une soirée bizarre ayant pour thème l’art de Noël (bizarre était réellement le mot). La soirée était donnée par les locataires de l’immeuble Mattox (1231 NW Hoyt St.). Cet immeuble héberge divers ateliers d’art pour photographes, designers, architectes, etc. Je me rendis au quatrième et dernier étage de l’immeuble où la soirée se déroulait et restai environ une heure là-bas. Inutile de dire qu’au bout d'une heure je commençais à m’ennuyer et cherchais quelque chose de plus divertissant. Il y a trois possibilités pour monter et descendre dans l’immeuble Mattox : un escalier, un monte-charge et un ascenseur. Cet ascenseur était aussi vieux que l’immeuble Mattox lui-même, immeuble dont il était déjà fait mention quelque part dans le dernier chapitre de la Bible. L’ascenseur a une surface d’à peu près un mètre carré et une hauteur de quelque 2,5 mètres. La porte intérieure est composée d’une grille métallique coulissante, la porte extérieure est une porte tout ce qu’il y a de plus normale. Il n’y a ni téléphone, ni lucarne de secours.

Alors que je descendais avec l’ascenseur, ce dernier commença soudain à ralentir et à se remplir de fumée. Quelques instants plus tard ce fut l’arrêt brutal. J’étais seul et prisonnier. L’ascenseur continuait de se remplir de fumée. Comme il n’y avait pas beaucoup d’air frais, j’étais obligé d’inhaler de l’air noir suffocant pendant que le haut parleur incorporé me distillait une sonate pour violon. L’ascenseur s’était arrêté entre deux étages, juste au-dessus du premier étage. Je pouvais voir environ dix centimètres de la porte d’ascenseur du second étage et presque complètement la porte de l’entresol. Les gens se rassemblèrent au second étage. Ils commencèrent à me parler à travers la porte de l’ascenseur, mais nous ne pouvions nous voir. Une fois qu’ils eurent constaté que l’ascenseur était resté bloqué et que lentement mais sûrement je commençais à étouffer, ils appelèrent la centrale de secours.

Pas d’issue de secours

Entre-temps, mes amis du quatrième étage avaient remarqué le dégagement de fumée. Ils découvrirent rapidement que quelqu’un était prisonnier dans l’ascenseur et qu'un feu s'était déclaré dans la cage d’ascenseur. Ils tentèrent immédiatement d’arracher la porte du deuxième étage pour me libérer. C’est alors qu’arriva un puissant détachement du corps des sapeurs-pompiers de Portland. Le principal problème de mes sauveteurs était que l’entresol avait été obstrué au cours des années. Il n’y avait pas de passage pour parvenir à la porte de l’ascenseur à l’entresol – mon seul espoir de fuite. Comme personne ne pouvait arriver à moi, je cherchais des possibilités pour arriver à eux. Le mécanisme qui était responsable de l’ouverture de la porte de l’entresol avait également été mis hors service, car cet étage n’était plus employé. Quelqu’un avait enlevé le bouton de la porte de l’ascenseur, bouton prévu pour l’ouverture. Autrement je n’aurais eu qu’à presser dessus pour sortir.

Le couteau salvateur

Mais, attendez : j’avais mon couteau militaire suisse à toute épreuve, lequel possédait également une pincette. Trois minutes plus tard, j’avais enlevé les écrous de la porte et j’étais enfin hors de l’ascenseur, bien que toujours prisonnier dans l’espace mort de l’entresol. Entre-temps, le détachement des sapeurs-pompiers (quatre puissants véhicules incendie, deux ambulances et deux postes de commandement) avait éteint l’incendie dans la cage d’ascenseur et tentait toujours d’arriver jusqu’à moi. Les sapeurs-pompiers avaient enfoncé les portes pour pouvoir arriver au fond de la cage et avaient grimpé sur le toit pour m’atteindre depuis le haut.

La police avait bouclé tout le bloc qui, entre-temps, s’était rempli de curieux. On entendait des sonneries d’alarme et les sirènes hurlaient. Une fenêtre étant située à l’entresol, c’est finalement par là que l’on me retira et que mon martyre prit fin. J’utilisai naturellement une fois encore mon Swiss Army Knife pour dégager les charnières de la fenêtre. Dans le feu de l’action, j’oubliai mon cher couteau suisse Champ dans l’entresol. Lorsque le sapeur-pompier m’accompagna au bas de l’échelle, la foule se mit à applaudir et je luis fis signe. Les amis et des reporters m’attendaient en bas. Heureusement, un sapeur-pompier trouva mon couteau et me le rendit.

Epilogue

Le lendemain matin, une station de radio m’appela et je passai à l’antenne en direct. Les journalistes avaient lu l’article du journal consacré à mon aventure et trouvèrent amusant que je ne me sois pas seulement échappé d’un ascenseur tombé en panne et que j’aie échappé au feu, mais que mon nom fût MacIver (MacGiver est un héros américain de séries TV qui arrive toujours à se sortir de situations inextricables, la plupart du temps grâce à son Swiss Army Knife). Ils me ‹forcèrent›, alors que j’étais encore tout endormi, à raconter mon histoire à la radio. Les semaines suivantes, le Swiss Army Knife fut un des cadeaux de Noël les plus appréciés à Portland : ‹Un couteau comme celui qu’a utilisé le gaillard pour se sortir de l’ascenseur.›
J’ai acheté dans un magasin le dernier SwissChamp pour un ami, j’ai remarqué à cette occasion que l’article était exposé dans la vitrine. Le propriétaire du magasin me raconta qu’après l’événement il y avait eu une véritable ruée sur les SwissChamps. Mes beaux-parents se sont rendus dans un autre magasin et expliquèrent au propriétaire qu’ils me connaissaient. Il leur montra alors l’article relatant l’incident qu’il conservait dans son porte-monnaie. Il leur expliqua que chaque enfant qui venait dans son magasin voulait le ‹Couteau qui avait servi à s’échapper d’un ascenseur›. L’existence est réellement excitante. Douglas MacIver.»

Il a sauvé la vie d’un amiral américain

Le couteau Victorinox a encore et toujours des accointances avec les avions. Dans un cas, après une crash tragique, il aide un passager survivant à se libérer à temps de la machine en flammes. Une autre fois, c’est le sauveteur rouge grâce auquel un masque à oxygène peut être réparé. Sans cette aide, un amiral américain se serait englouti dans l’Atlantique. Des rapports relatant ces événements sont arrivés à Ibach.

Ceintures coupées

Helmut Knosp de Fribourg en Brisgau/Allemagne a vécu les événements suivants, ainsi qu’il le relate personnellement :

«Le 31 mars, lors d’un vol de Reims/France en direction de Fribourg avec un avion de sport à quatre places, je me suis crashé dans les Vosges françaises, mes trois camarades de vol sont morts sur le coup. Je m’en suis tiré avec quelques fractures aux bras et aux jambes et autres contusions et blessures. Je dois la vie à un couteau de poche ‹Officier suisse› provenant de votre maison. J’ai pu, à l’aide de ce couteau, me dégager de la machine disloquée et en flammes en coupant les ceintures de sécurité coincées et en me frayant un passage à travers des garnitures en plastique et une fenêtre. Ce couteau de poche que j’ai toujours avec moi depuis des années, je ne l’appelle plus que mon ‹sauveur› depuis ce moment-là, car sans son secours je ne serais plus en vie.»

Il a réparé un masque à oxygène

Le couteau d’officier de la maison Victorinox a également sauvé la vie d’un amiral américain, cela au-dessus de l’Atlantique. L’officier supérieur a écrit à Ibach :

«J’ai mon compagnon Victorinox avec moi depuis que j’ai commencé à voler, il y a 23 ans. Par une sombre nuit, en 1988, à mi-chemin au-dessus de l’Atlantique, j’en ai eu besoin pour réparer un masque à oxygène défectueux. Si je n’avais pas eu ce couteau sur moi, je n'aurais eu comme unique solution de voler beaucoup plus bas pour pouvoir continuer de respirer. Mais, le carburant prévu pour le vol n’aurait plus suffi (à cause de la résistance de l’air plus élevée) pour me permettre d’atteindre l’aéroport des Açores. Ou alors, j’aurais dû rester à une altitude supérieure, ce qui aurait été très dangereux pour moi à cause du risque d’évanouissement par suite de manque d’oxygène. Aucune des deux possibilités qui s'offraient à moi n’était envisageable. Grâce à votre super couteau, j’ai pu terminer mon vol en toute sécurité, tel que planifié.»

En 1966, une cliente américaine avait envoyé un couteau Victorinox pour réparation à Ibach et écrivait ce qui suit : «Notre fils a acheté ce couteau en Suisse il y a huit ans. Il avait dix ans et c’était son premier voyage en Europe. Il avait gagné ce voyage par ses propres moyens et le couteau était la seule chose qu’il voulait ramener d’Europe. Au cours de l’été suivant, il le prit pour aller camper près de la frontière canadienne et le perdit, ce qui lui fit naturellement beaucoup de peine. L’été suivant, il retourna au camp et retrouva le couteau par hasard dans une eau assez profonde lors d’une plongée. Il pouvait à peine le croire, car il était dans le même état que lorsqu’il l’avait perdu l’année précédente. Vous comprendrez donc aisément les raisons pour lesquelles nous désirons si ardemment le faire réparer.»

Réparation de la fenêtre du cockpit

En ce qui concerne cette histoire, il s’agit également d’un couteau qui a couvert des milliers de kilomètres lors de périples dans le monde entier et qui, aujourd’hui comme par le passé, a rendu service.

«Bien que cette lettre ait quelque retard, j’aimerais vous remercier d’avoir réparé mon couteau. Il est venu en retour en 1975 dans le même état ou presque que lorsque je l’avais acheté en 1959», écrit Milton B. Mann à l’entreprise d’Ibach célèbre dans le monde entier.

«Il s’agit d’une performance qui suscite l'’admiration et je ne puis vous dire à quel point j’en suis heureux. Pour moi, ce couteau personnifie un moment unique de mon existence. Il m’a accompagné lors de nombreux voyages dans 71 pays, il a parcouru en ma compagnie des millions de kilomètres et a été utilisé pour effectuer presque tous les travaux inimaginables. Dernièrement, par exemple, alors que j’étais en train de procéder à une vérification en ma qualité de pilote, un contrôleur me fit remarquer qu’une vis d’une fenêtre du cockpit était desserrée et que cette dernière ne pouvait être fermée. C’est la raison pour laquelle le vent soufflait dans le cockpit. Je lui dis que mon couteau de poche était équipé d’un tournevis. Il déclara alors qu’il avait besoin d’un tournevis Philips spécialement adapté à ce type de vis. L’expert fut très étonné lorsque je lui présentai mon couteau de poche équipé du tournevis adéquat. Et le problème fut réglé.»

Même dans la valise diplomatique

La «petite merveille rouge» de Suisse ne fait pas seulement partie de l’équipement standard des astronautes, des adeptes de l’aventure et des bricoleurs, elle a également obtenu le statut diplomatique. Demandez à B.C. Hill, Consul d’Australie à Dublin. Il remercia l’entreprise Victorinox pour une livraison de couteaux de poche - un cadeau qui remporta un vif succès de la part de sa parenté. Hill écrivit à Ibach :

«Vous trouverez en annexe une autre commande de onze couteaux. J’espère que vous n’allez pas penser que je suis un collectionneur cupide ou fanatique, mais je vous garantis que ces couteaux sont destinés à mon propre usage ainsi qu’à ma proche parenté – j’ose ajouter que j’ai une grande famille. Je joins le chèque à la présente. Je vous serais reconnaissant de me faire parvenir les couteaux aussi rapidement que possible.

Irremplaçable en voyage

Cela vous intéressera peut-être de savoir pour quelle raison vos couteaux m'intéressent particulièrement. J’ai découvert les couteaux Victorinox en Suisse lorsque j’étais Consul général et, de 1964 à 1969, représentant permanent auprès de la Division européenne de l’ONU à Genève. Depuis cette époque, mon couteau personnel (que je remplace maintenant), un ‹Traveller›, est un compagnon permanent. Je trouve ce couteau de poche extrêmement pratique, des raisons professionnelles m'amenant régulièrement à l'autre bout du globe. Dès mon arrivée dans un nouveau lieu, je dois souvent changer les prises de mes appareils électriques personnels, installer des porte-cravattes, etc. Mon couteau de poche me rend toujours grand service.

Il a fait ses preuves au Vietnam

Lors de mes voyages, mon couteau s’est révélé irremplaçable. On ne peut en effet traîner en permanence une caisse à outils avec soi lorsqu’on se déplace en avion. Vos couteaux se sont révélés être les meilleurs articles de remplacement. Vos couteaux ont rendu bien d’autres services à mon beau-fils. Jusque tout récemment, il servait en qualité d’officier de carrière dans l’armée australienne ; cette fonction l'a amené à effectuer un service d’une année au Vietnam, de 1965 à 1966. Avant d’être appelé sous les drapeaux en Extrême-Orient, je lui ai envoyé un de vos couteaux, un ‹Champion›. Mon beau-fils m’a déclaré plus tard que ce couteau lui était devenu irremplaçable au cours de ses douze mois de service actif, avant tout lors des patrouilles dans la jungle. Ce couteau était également tellement apprécié par ses camarades qu’il devait faire très attention à ce que ses frères d’armes australiens et américains ‹n’empruntent› son couteau plus longtemps que nécessaire.»

Symbole de la Suisse

L’Organisation pour la promotion des produits et prestations suisses «Semaine Suisse – Arbalète» a procédé en son temps à une enquête dans les médias pour savoir quelle était l’action la plus spectaculaire sensée inculquer aux Suisses le symbole d’une bonne qualité. Il y avait au choix, les marques des PTT et de Swissair, le passeport suisse et le couteau d’officier suisse.

Le couteau d’officier sortit grand vainqueur de cette enquête. Une des entreprises généralement considérée comme leader dans le domaine de la technologie a également fait beaucoup de publicité pour le Swiss Army Knife : la Nasa. En novembre 1978, cette organisation américaine spécialisée dans la technique spatiale a commandé 50 couteaux d’officier suisse Victorinox (modèle No 5044), MasterCraftsman. La Nasa précise également textuellement que son nom ne doit pas être cité à des fins commerciales, sans autorisation préalable. Mais elle a facilement donné son accord quant à la publication de communiqués de presse Victorinox précisant que le couteau d’Ibach fait partie de l’équipement standard des astronautes.

Il est même devenu un objet d’art

Le légendaire couteau suisse de la maison Victorinox à Ibach, dans le canton de Schwyz, n’a pas seulement sauvé des vies, apporté des solutions dans des situations d’urgence et trouvé place dans les poches de pantalon d’adeptes d’aventures, il s’est également élevé au rang d’objet d’art. Le design peut effectivement perdurer par-delà les générations grâce à une classe mondiale incontestable.

C’est ainsi que J. Stewart Johnson, administrateur de la section «Modelage» au Museum of Modern Art à New York, s’adresse à l’entreprise de fabrication à Ibach : «C’est avec plaisir que je vous communique que lors de notre séance du 28 novembre 1977, notre département ‹Architecture et design› a décidé d’incorporer votre couteau d’officier suisse dans sa collection.»

Publicité possible

Et, plus loin, on trouve dans cette communication officielle : «Si vous désirez mentionner dans votre documentation que votre couteau a été admis dans notre département de design industriel, nous vous prions d’utiliser le texte suivant : Admis dans la collection Design du Museum of Modern Art, New York. La politique de notre musée veut qu’une telle information ne soit pas utilisée à des fins publicitaires. En clair, le nom du musée ne peut être mentionné en relation avec de la publicité, mais simplement pour illustrer un fait. Vous vous montrerez certainement compréhensifs quant à cette position.» Il faut noter que, logiquement, l’admission du Swiss Army Knife dans l’inventaire du musée peut déjà être considérée comme une publicité.